
Après plusieurs week-end à gratter, brosser, nettoyer, le dessous de la caisse de la voiture était relativement propre. Certes, il restait bien quelques plaques d'anti-gravillon, collées sous les ailes mais je me suis dit que si je n'arrivai pas a les décoller, c'était que la tôle était bien protégée. Le dessous de caisse propre, je décidai de remplacer la parti du plancher percée par celui que j'avais récupéré sur l'autre voiture et qui lui était en bon état. Pour ma part, ce fut assez facile à faire. Découpage, ébarbage, préparation et mise en place de la tôle propre en premier lieu. Puis, quelques rivets pop pour le maintien, accompagnés de quelques points de soudure et le tour était joué ! (Il y a des fois où l'on est content de soi ; cette fois ci c'était le cas). Cette opération m'a occupé tout de même tout le week end.

Cette bonne chose de faite, je pouvais remettre l'anti gravillon sous toute la voiture, remonter le réservoir, les trains avant et arrière avec les freins, dans le but de remettre les roues.
C'était nécessaire pour pouvoir sortir la caisse en dehors du garage.
Bien entendu, j'avais dans l'entre fait commandé quelques pièces neuves aux USA par l'intermédiaire du Corvair Club de France, qui m'ont idéalement conseillé et aidé.
J'aurai d'ailleurs l'occasion de revenir sur ce sujet...
C'est aussi à cette période que mon plus jeune fils, David, est venu me donner un coup de main. Il s'est de ce fait intéressé aux voitures anciennes. C'est désormais à deux que nous passerons
les week end au garage. En tout cas, une chose est sûre, c'est plus motivant à deux que tout seul.
Tous les deux nous avons remonté le réservoir d'essence que nous avions préalablement nettoyé. En passant, nous avons aussi remis en place le moteur du chauffage qui se trouve entre la caisse et
le moteur, le train arrière, les fusées, les triangles avant auxquels nous avions remplacer les rotules usagées.
Dans l'élan, pourquoi s'arrêter ? Nous avons enchainé par le remontage de la suspension . Au départ, cela me semblait être une chose plutôt simple.
J'avais acheté chez Norauto des compresseurs de ressort. Je pensais qu'en une poignée d'heure ça serait remonté. ERREUR. Il y a des jours comme ça ou rien ne va comme l'on voudrait !
En effet, nous nous sommes aperçus que les ressorts de compresseurs tout neufs ne serviraient à rien. Ils ne correspondaient pas, ils étaient donc inutiles.
Alors bien sûr on pouvait compresser les ressorts, mais ensuite on ne parvenait plus à placer les ressorts dans leur logement :
les tiges des compresseurs génaient Grrr. "Pas grave" me suis je dit, nous allions fabriquer un outil nous même. Après mûre réflexion, après maintes fabrication ratées, après le doigt de la main de
David écrasé (il s'en souvient encore), et la journée entière de passée, nous avons finalement réussi à mettre nos quatre ressorts et quatre amortisseurs neufs.
Un autre week end a été nécessaire pour remonter les freins avec quatre cylindres de roues flambants neufs, remettre les tambours, purger le circuit de freinage.
Après cela, nous pouvions remettre les roues.

Ah, et puis j'oubliais, nous avons remis la boite de vitesse que nous avions récupérée sur l'autre Corvair. Nous avons fixé les cardans dessus car sinon les roues arrières une fois montées auraient eu tendance à se mettre en biais lorsque nous aurions déplacé la voiture. Une fois la voiture remise sur ses quatres roues avec des freins neufs, nous pouvions nous attaquer à la remise en état de la carrosserie. En effet, l'aile avant droite était atteinte de rouille perforante au niveau de sigle MONZA. Le bas de caisse sous la porte était enfoncé. Le coffre à batterie était rongé par les vapeurs acides de cette dernière. Ainsi, nous avons decoupé les morceaux de l'aile et du bas de caisse pour les remplacer par des tôles que nous avons formées nous même. Nous les avons ensuite soudées sur la voiture.


En ce qui concerne le coffre à batterie nous l'avons refrabriqué pour ainsi dire. Les angles bas de la lunette arrière étaient eux aussi percés par la rouille. Comme je trouvais très difficile de découper et de remplacer les morceaux, j'ai préféré ressouder des bouts de tôle par dessus après avoir bien décapés et traités les angles avec de l'anti-rouille.
La portière droite était vraiment très abimée.

En plus d'être enfoncée elle était complètement rongée par la rouille sur la partie extérieure. Pour moi, elle était irréparable. J'ai donc éssayé d'en trouvé une sur internet et dans les journaux spécialisés. Apparemment et à mon grand désarroi, cela ne courrai pas les rues. Finalement, c'est le président du Corvair Club de France qui a eu la gentillesse de m'en proposer une d'occasion. J'ai alors pris rendez-vous avec lui un dimanche matin. Une fois sur place, j'ai pu admirer ses splendides Chevrolet Corvair, dont un magnifique coupé noir "état concours" comme on dit. Par contre, en sortant du fond de son hangar la portière en question, nous nous sommes aperçus qu'elle n'était pas en si bon état que prévu. Elle était en effet stockée à même le sol et l'humidité l'avait attaquée pour une bonne partie.

Heureusement, contrairement à la notre, le voile de la portière était beaucoup moins touché. Ainsi, en récupérant le voile de l'une pour le souder sur l'autre, nous avons réussi à en fabriquer une dans un état potable. Cependant, pour ma part, l'opération ne fut pas une chose facile !
